Bonjour a toutes et a tous,
La Fédération Anarchiste tiendra un cortège ce samedi 23 novembre lors de la manifestation contre les violences faites aux femmes.
Nous vous donnons rendez vous devant le cinéma "Bretagne" a Montparnasse, a 14h30, et si vous arrivez en retard: cherchez les drapeaux noirs !
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Nous appelons à venir rejoindre la manifestation du
23 novembre contre la violence faites aux femmes parce que cette date
est importante et a sa force symbolique, au même titre que le 8 mars.
Nous pensons que ce terrain de lutte est à occuper et à ne pas laisser
aux oubliettes, ainsi sommes-nous présent-e-s sur les luttes
antisexistes durant toute l'année. Cependant, l'appel du Collectif
National pour le Droits des femmes (CNDF) se positionne clairement en
faveur de la loi contre le système prostitutionnel, dans une visée
abolitionniste. Si nous sommes à terme pour la disparaition de toutes
formes de dominations et d'exploitation, nous pensons que la première
des solidarités face aux oppressions subies est de ne pas ajouter une
double peine aux personnes concernées. Nous nous désolidarisons donc de
l'appel abolitionniste du CNDF, car nous pensons que nous devons
soutenir les luttes, définies par les exploité-e-s et opprimé-e-s, en
leur donnant les moyens de se défendre et d'avoir des droits pour
assurer une existence qui ne serait pas celle du stigmate et de la
marginalisation, y compris dans les luttes.Nous invitons les personnes
qui ne se reconnaissent pas dans la position du CNDF sur ce sujet mais
qui souhaitent montrer leur soutien contre la violence envers les femmes
de venir rejoindre notre cortège. Solidarité des opprimé-e-s dans les luttes!
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Nous vous invitons neanmoins a lire l'appel du CNDF si dessous.
2013 : les violences contre les femmes continuent !
Les violences faites aux femmes nous concernent toutes et tous.
Elles ont lieu dans tous les milieux sociaux, dans tous les territoires, dans tous les pays.
Elles sont universelles car les inégalités femmes / hommes, la domination masculine, sont universelles.
Elles prennent différentes formes : viols et autres agressions
sexuelles, violences conjugales ( physiques mais aussi psychologiques,
économiques, sexuelles), harcèlement sexuel, mutilations sexuelles,
prostitution, mariage forcé, lesbophobie, violences contre les femmes en
situation de handicap, de vulnérabilité économique, femmes migrantes
étrangères souvent victimes de double violences,etc.
Les conséquences de ces violences sont accrues dans un contexte
économique et social très dégradé où il est plus que difficile de
trouver du travail, une formation, ou se loger. Cette violence sociale
se caractérise par des attaques généralisées contre l'ensemble des
droits et des services publics, une politique d'austérité qui fragilise
et précarise encore plus les femmes. Elle suscite aussi l'émergence
d'une nouvelle droite et la recomposition de forces réactionnaires de
droite et d'extrême droite à l'offensive depuis le mouvement du mariage
pour toutes et tous. Celles ci véhiculent une idéologie lesbophobe,
homophobe mais également raciste et antisémite. A une société qui se
voulait solidaire succède une société d'inégalités et de divisions
accrues.
Les mouvements féministes dénoncent fortement, depuis des décennies, toutes ces formes de violences.
La loi doit poser l'interdit, protéger et secourir les victimes et empêcher leur revictimisation .
Pourtant, le parcours de justice des victimes est toujours aussi
difficile, et beaucoup d' auteurs de violences continuent de bénéficier
d' impunité. Ceci décourage beaucoup de femmes de porter plainte.
Le dispositif législatif, arraché de longue lutte par les mouvements
féministes, reste incomplet et mal appliqué par manque de moyens, de
volonté politique et de cohérence globale .
Par exemple :
- les victimes de viol ou de harcèlement sexuel ne peuvent
bénéficier de l'ordonnance de protection qui empêcherait un violeur ou
harceleur de les approcher .
- les conséquences engendrées par les violences ne sont pas prises en compte au travail.
- l'éducation non sexiste et non lesbophobe n'est toujours pas
gravée dans le marbre des programmes à chaque niveau de la scolarité
- aucune réforme de la procédure pénale n'est prévue alors que même
que l'expérience démontre sa totale inadaptation pour les femmes
victimes de violence.
- Les décisions concernant l'exercice de l'autorité parentale lors
des séparations tiennent peu ou pas compte des violences conjugales.
Plus, le projet de loi « pour l'égalité entre les
femmes et les hommes » qui doit passer à l'Assemblée nationale en
décembre, après avoir été voté au Sénat à la mi septembre, n'intègre
aucunement les violences comme facteur d'inégalité.
Pire : le Sénat a voté en dernière minute, en dehors
de l'avis du gouvernement, un amendement « visant à préserver l'autorité
partagée et à privilégier la résidence alternée pour l'enfant en cas de
séparation des parents ». Pas d'accord en cas de violences perpétrées
sur la mère et/ou sur les enfants ! On ne peut être un conjoint violent
et un bon père ! Les femmes qui s'éloigneront pour se mettre en sécurité
ou dénonceront des violences sexuelles sur leurs enfants seront
passibles de sanctions.
Cet amendement a été inspiré par ceux que l'on appelle les «
masculinistes », ceux qui se juchent sur des grues pour obtenir la
résidence de leurs enfants alors que justement cette résidence a pu leur
être retirée lorsqu'ils sont auteurs de violences ! Nous demandons son
retrait !
Le projet de loi « pour l'égalité entre les femmes et les hommes »
doit prendre en compte les revendications des féministes. Celles ci
s'appuient sur la réalité de ce que vivent les femmes victimes de
violences et non sur des stéréotypes patriarcaux, sexistes et
lesbophobes.
Nous réclamons,comme en Espagne, une loi-cadre contre les violences faites aux femmes.
Nous réclamons, entre autres :
- l'extension de l'ordonnance de protection à toutes les femmes victimes de violences,
- la prise en compte des conséquences des violences au travail par la mise en œuvre de mesures concrètes,
- que l'éducation non sexiste et non lesbophobe soit inscrite dans les programmes scolaires,
- une réelle politique de logements prioritaires pour les femmes victimes de violences,
- la création et le renforcement de centres d'hébergement et d'accueil dédiés et gérés par des associations spécialisées
- l'obtention d'une carte de résidente pour tout femme demandant
l'asile parce que menacée ou victime de violences lesbophobes et/ou de
violences sexistes et/ou de violences sexuelles,
- l'interdiction de la résidence alternée lors d'un divorce en cas de violences sur les femmes ou les enfants.
Une autre loi est en préparation « renforçant la lutte contre le
système prostitutionnel ». Déposée à l'Assemblée par le groupe de la
Gauche Démocratique et Républicaine et par le groupe socialiste, cette
proposition de loi reconnaît, conformément à la tradition abolitionniste
de la France, que la prostitution est une violence. Elle n'est ni un
choix, ni un métier. En toute logique, elle vise à interdire tout achat
d'un acte sexuel, à réprimer et responsabiliser l'auteur des violences,
promoteur et bénéficiaire de l'industrie mondialisée du sexe. En toute
logique, elle abroge le délit de racolage qui fait peser le poids de la
répression sur les victimes. Cette proposition de loi constitue une
avancée d'importance.
Mais cette proposition de loi ne considère l'achat d'un acte sexuel
que comme une contravention de 5ème classe. Nous réclamons que cela soit
un délit.
De plus, par cette proposition de loi, les personnes prostituées
étrangères, qui constituent l'immense majorité des personnes
prostituées, doivent pouvoir bénéficier d'un droit au séjour garanti et
pérenne, qui ne soit pas conditionné à un dépôt de plainte, quand elles
souhaitent se libérer de cette oppression. Cet accès au titre de séjour
doit être de plein droit et non soumis au pouvoir discrétionnaire des
préfets.
En outre, le « parcours de sortie de la prostitution » et les mesures
sociales l'accompagnant, doivent être précisés et renforcés et des
moyens importants doivent y être consacrés. A cet égard la proposition
de loi n'offre aucune garantie de financement et seule la loi de finance
permettra de mesurer l'engagement de l'État à venir enfin en aide aux
personnes prostituées.
Nous réclamons une loi globale abolitionniste engageant enfin la
France auprès des personnes prostituées et contre le système
prostitueur.Nous réclamons un renforcement de la lutte contre le
proxénétisme et contre la traite.
Pour porter ces revendications jusqu'à l'Assemblée Nationale, toutes et tous à la manifestation samedi 23 novembre 2013
14h30 Montparnasse (Place du 18 Juin 1940).
Le Collectif National pour les Droits des Femmes a élaboré en 2006 une
loi-cadre contre les violences faites aux femmes prenant en compte la
globalité des violences et l'ensemble des mesures nécessaires pour les
faire reculer. Partant de ce travail, une loi a été votée en juillet
2010, mais elle est bien insuffisante. Le Cndf a « toiletté » sa loi en
2013. Elle va être déposée par le groupe CRC au Sénat et le groupe GDR à
l'Assemblée. Nous demandons qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour de
l'Assemblée Nationale et du Sénat, débattue et votée !
Premiers signataires :
Collectif National pour les Droits des Femmes, CADAC, Ailes-Femmes du
Maroc, APEL- Égalité, Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie,
Association ALFA de Nantes, Association Contre le Bizutage, Association
Droits des Femmes 20e, Association Femmes Intercultures Femmes
d'Afrique, Atalante vidéos féministes, CGT - SDFE, les Chiennes de
Garde, Collectif féministe contre le viol, Collectif des Libanais Laïcs
en France, Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes «
Ruptures", Collectif Tenon, Collectif Val-de-Marne de lutte contre les
violences faites aux femmes, les efFRONTé-e-s, l'Égalitéc'est pas
sorcier, Féminisme Enjeux théâtre de l'Opprimé, Féministes pour une
autre Europe, Femmes solidaires, Gauche unitaire, Fédération Nationale
Solidarité Femmes, Femmes pour le Dire Femmes pour Agir, Ligue des
Femmes Iraniennes pour la Démocratie, Ligue du Droit International des
Femmes,Maison des Femmes de Montreuil, Marche Mondiale des Femmes Paris
Ile de France, Mémoire traumatique et victimologie, Mouvement du Nid,
Osez le Féminisme, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, le
Planning Familial 75, RAJFIRE, Réseau Féministe « Ruptures », SOS Femmes
Alternative-Centre Flora Tristan, SNUEP-FSU, Zero Impunity, ZINE pour
les femmes kurdes.
http://www.demosphere.eu/rv/29241